La belle saison

25 février 2016

Ceci dit...

Ceci dit, au musée Jacquemart-André, lors de l'exposition sur les portraits à la cour des Medicis, ce que j'ai préféré, ce sont les détails. Comme toujours. (Et déambuler avec toi, par dessus tout.)

(Détails  : du portrait d'une jeune femme au reccueil de Pétrarque, Andrea del Sarto, vers 1528/ du portrait de chevalier de l'ordre de saint Michel, Maso da San Friano, vers 1560/ du portrait de Laura Battiffer, Bronzino vers 1555-1560)

 

Pour Th. En souvenir.

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24 février 2016

Sua cuique persona

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Anomalisa est-il un chef d'oeuvre? 

Un chef d'oeuvre de film d'animation, certes, si l'on sait que la scène d'amour, d'un magnifique réalisme, tendresse et désir mêlés, a pris 6 mois de tournage... 

Ensuite, je ne sais pas... Ces personnages humanoïdes au bas du visage amovible m'ont mise un tantinet mal à l'aise et supportent sur leurs épaules de la taille d'un pouce d'humain un discours ambitieux et alambiqué.

Mais ce qui est sûr , c'est que durant tout le film, je n'ai cessé de penser à ce tableau de La dame au voile, de Ridolfo del Ghirlandaio, vu il y a peu au Musée Jacquemart-André (un de mes lieux de prédilections parisiens...)

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et surtout à ça : 

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"La Dame au voile était autrefois dotée d’une tirella, que vous pouvez admirer en regard de ce tableau : cette « couverte » -sorte de couvercle amovible- était destinée à protéger la peinture, et devait être retirée pour pouvoir l’admirer. Dessus, des grotesques en faux relief à la mode florentine encadrent un cartouche antique, où figure une inscription en latin, qui se traduit par « À chacun son masque ». Une sorte d’avertissement pour le spectateur, car lorsque le couvercle était en place, le masque au centre de la composition venait se superposer presque trait pour trait sur le visage de la Monaca." 

 

Sua cuique persona, donc....

Persona, du verbe latin personare (per-sonare : « parler à travers »), était utilisé pour désigner le masque que portaient les acteurs de théâtre romains, afin que la voix porte.

Dans Anomalisa, il s'agit de masques et de voix. D'altérité et d'alter ego. D'âmes errantes et d'âmes soeurs.

Tous les personnages, qu'ils soient hommes ou femmes, ont la même voix : celle du protagoniste, Michael Stone. La seule voix féminine qu'il distingue de la sienne démultipliée à l'infini dans les êtres qu'il côtoie, et la seule que le spectateur puisse entendre durant tout le film, est celle de Lisa, dont le personnage tombe amoureux à la faveur d'une rencontre dans un hôtel. Cette voix distincte de la sienne semble la preuve de son état amoureux. Qu'est-ce qu'aimer? Est-ce entendre la voix de l'autre? Michael aspire à toujours entendre cette voix, en même temps qu'il semble lui même avoir perdu sa voie. 

Trouver sa voix, perdre la voix, retrouver sa voie et trouver dans la voix de Lisa une échappée belle. 

Anomalisa est un film très ambitieux, mais cela suffit-il?  A vous de le voir et de me faire entendre votre voix...

ANOMALISA - Trailer (2015) - Paramount Pictures

 

 

 

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23 février 2016

J'aurais aimé la faire...

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Jacques Henri Lartigues aimait aussi les reflets et les ombres.

 

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22 février 2016

Mésanges charbonnières et pinces hirondelles

Au fond du jardin, à droite, sur le fil à linge, les pinces à linge attendent le printemps, hirondelles domestiques. Les mésanges charbonnières masquées de noir épient le moindre petit moucheron rescapé de l'hiver. Bientôt le plaisir d'étendre la lessive dehors, laisser le vent, -et qui sait le soleil-, faire leur travail... il y aura aussi le cerisier en fleurs émouvant, le figuier de l'enfance, le magnolia souvenir de Shanghai, les groseillers et les cassis. Et dans les cafés, penser alors à prendre, telle une vieille dame, le sucre "pour la confiture".

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21 février 2016

Comme au grenier

Accumulations sens dessus-dessous dans des vitrines de beaux magasins.

De l'art du désordre magnifique.

Du grenier comme d'un inconscient.

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New-York, 5th Avenue

 

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 Anvers, Drukkerijstraat

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20 février 2016

La madeleine de Proust avait-elle une bosse?

Il y a quelques jours, m'efforçant comme je fais une fois tous les deux ans de ranger le grenier, j'ai trouvé au fond d'un carton les carnets où j'avais, certains soirs de désolation, tenté de relater mon adolescence. Après une petite hésitation, je les ai ouverts, j'ai commencé à relire. Proust ne dit pas que le thé où il trempait sa madeleine était trop chaud et lui a brûlé la langue, ni qu'il a trébuché sur les pavés inégaux et s'est fait une entorse : je fondis en larmes.

Jacqueline Harpman, Le véritable amour, 2003.

C'est bien joli d'honorer par des larmes ceux et celles que nous fûmes en leur temps. L'écriture intime comme une création, non d'une oeuvre littéraire, mais d'un contour de soi-même : j'écris dans ce carnet pour mieux me contourner.                      

 

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19 février 2016

Invitation

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Sous la pluie battante, cette invitation à dîner. Un tête à tête de plus nous avait conduits dans le lieu de la jeunesse, où trois souvenirs de sa jeunesse s'étaient emmêlés dans l'écheveau complexe et lumineux de la mélancolie. 

Reste à savoir si l'on trace

Un trait, un point dans notre espace

Si j''ai pas toute ma raison

Si j'ai toujours raison 

 

LOUISE ATTAQUE - Ton invitation -

 

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18 février 2016

Retrouvailles

Il y eut quelques années d'absence et de silence, mais tout était resté en l'état. Et comme par magie, au gré de la recherche d'une photo d'Amsterdam,  la lumière s'est rallumée. 

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Anvers, février 2016

Pour Th., peut-être parce que tout cela t'était en réalité destiné.

Nice things are coming soon, tu sais...

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22 janvier 2013

50 ans

GÖTTINGEN

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14 janvier 2013

De la littérature

"Je devais revenir vers ce livre. Ce retour relève du hasard, mais, plus encore, d'une exigence morale. prisonnier volontaire, je n'ai d'ailleurs jamais cessé d'y revenir. En mon adolescence, il y a longtemps, au lycée, l'ayant lu pour la première fois, j'en fus saisi comme tous les adolescents mériteraient de l'être. Ils ne le sont plus à présent, ou trop peu. L'enseignement de la littérature s'est largement dépouillé de sa mission : donner accès aux oeuvres, en favoriser le goût. Autrefois, les professeurs de lettres visaient à la délectation des mots, tentaient de faire vibrer la langue. Ils se penchaient sur les personnages et leur prêtaient une réalité. Ils glosaient selon leur talent, glanaient ce qu'ils pouvaient, paraphrasaient à l'occasion, ce qui n'avait aucune importance : l'essentiel consistait à s'enfoncer dans le texte en le commentant ligne à ligne. Pas de théories blindées, mais du jugement avec de l'ardeur. Les élèves, impressionnés par la richesse des récits et des styles, voyagaient au delà d'eux-mêmes. Ils quittaient le langage quotidien pour des lectures qui les grandissaient. L'imagination les emportait vers des terres inconnues. Ce qu'ils lisaient leur appartenait, ils conservaient ce trésor en eux, même à leur insu. C'était une aventure. Les dépayser, affiner leur langage, leur transmettre un legs ancestral, les hisser vers le meilleur d'eux-mêmes, voilà quel était le but. Temps révolus. Le principe d'utilité, cette sécheresse, prévaut désormais. Le crin de l'analyse arrache la peau, le froid de sa lame tranche les nerfs, son pilon broie les muscles. Assassinées, les pages vivantes. On a transformé les professeurs en médecins légistes. Honneur aux récalcitrants qui s'obstinent! Ils sont les gardiens de la flamme!"

Jean-Michel Delacomptée, Passions La princesse de Clèves

Honneur à Ch., donc! (Puisse cela lui faire oublier l'amertume après ce voyage à Paris, où ses élèves de terminale qui y venaient, certains, pour la première fois, ne semblaient rien apprécier et préférer -exepté un!- à Hopper le match Manchester contre je ne sais qui)

Et ce souvenir qui ne m'a jamais quittée : premières semaines d'hypokhâgne, octobre 1988, couchée dans mon lit, un soir, je réalise avec consternation que je n'arrive plus à lire sans décortiquer le texte, le découper. Vais-je, à cause de mon inclination pour la littérature, perdre le plaisir de lire?

 

Et puis irrésistiblement, juste pour son inélégance :

Et puis, pour se consoler, La belle personne, librement inspirée, réponse élégante ou hasard heureux :
Ce que j'aime dans le cinéma de Christophe Honoré, ce sont les détails, les allusions fines...
botticellilabellepersonne17092008
  Remarquez la manche de  Simonetta Vespucci par Botticelli (circa 1480) et savourez celle de Léa Seydou par Honoré (2008)....

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