"Après la constellation de la petite chienne immobilisée ces jours derniers au-dessus d'un duché rien moins qu'impavide, le ciel pourrait être d'un premier septembre : ouaté, cotonneux, avec des volutes ardoisées à faible altitude. Une grue écarlate ou sang de boeuf, estampillée "Ville de Luxembourg" a procédé ce matin à la pose du portail métallique sous lequel se pressera, dans une quinzaine de jours, la clientèle de la Schuberfouer. Cela pour l'infrastructure, en attendant l'arrivée échelonnée des camions de forains et leurs jeux de meccano géant à monter. Le reste - l'inextricable surenchère des musiques, les relents de gaufres et de friture, les cris s'élevant des manèges par-dessus les coups de feu des stands et le brouhaha de la foule - n'existe encore qu'à l'état de spectre. Et a déjà pris possession de la place du Glacis."

Gille Ortlieb, Sous le crible (carnets), Finitude 2008

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Dans son étrange petit ouvrage, "une petite main courante, disons",  Gilles Ortlieb évoque la traditionnelle Schueberfoer de Luxembourg. Elle annonce à tout enfant du Luxembourg, à force de couleurs, d'odeurs de beignets, de plaisirs fugaces et de pacotille, la rentrée des classes imminente. Et tous les plaisirs n'en sont que plus délicieux.

On ne peut ommettre d'évoquer une attraction un peu à part, qui témoigne de la formidable mixité culturelle de cette fête forraine. Car après avoir fait un tour sur la Grande Roue, tiré à la carabine, essayé le train fantôme, ou même s'être retourné l'estomac sur des manèges extravagants, vous pouvez passer le rideau du Crazy cinématographe, proposé par la cinémathèque de la ville de Luxembourg.

Affiche_Crazy_Cin__matographe

Merci à Ch. pour le texte, et à J. pour les deux tours de grande roue...