Dans Signé Chanel, Loïc Pringent rend hommage à ceux et celles qui se cachent derrière le luxe apparent des robes haute-couture et des tailleurs siglés.

Un portrait à ne pas rater d'une dame délicieuse aux doigts de fée et aux pieds chaussés de bottes en caoutchouc.

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Raymonde Pouzieux a rejoint  en décembre dernier Mademoiselle Chanel, qu'elle avait connue en son temps.

"Galons inimitables. Madame Pouzieux, 75 ans, est une petite bonne femme au corps sec qui vit dans une ferme loin de Paris. Quand le coursier de Chanel arrive, elle ne le regarde même pas : la météo a annoncé la pluie pour le lendemain et il faut protéger le foin, alors madame Pouzieux courbe encore plus son dos bousillé par les années pour préparer les ballots. Mais une fois le foin rangé, madame Pouzieux passera au côté de son chat Mimi des nuits à s'esquinter yeux et mains sur l'improbable machine qu'elle a mise au point pour tisser ces galons inimitables qui bordent les tailleurs Chanel depuis Coco ­ qu'elle a connue, n'étant «pas de la prime jeunesse. Mais de toute façon, il y a de moins en moins de gens qui ont connu Napoléon». A des années-lumière de «Karl» par-ci, «Karl» par-là, elle a cependant une devise que ne dédaignerait pas le démiurge au catogan : «On a les limites qu'on veut se donner.» " in Libération