Lorsque P. est venue nous rendre visite à la maison avec J., voilà comment cela s'est passé : notre jardin avait tout fait pour paraître aussi peu parfait que possible, donc il l'était, absolument. Le champagne était délicieux, les fleurs de la passion s'enroulaient sur la treille, les chats sont venus les uns après les autres. P. dans sa jupe de danseuse a séduit notre bébé Maurice, venu renifler sa main avec délicatesse. Nous avons évoqué leurs chiens. Ensuite, j'ai découvert deux adorables torchons ramenés de New-York, P. s'est étonnée car en luxembourgeois, un torchon est plutôt un vieux bout de tissu sale qui traîne par terre... Elle m'a fait promettre de les utiliser vraiment : en ce moment ils pendent dans la cuisine.

Ensuite, elle m'a demandé très humblement de consigner quelque chose dans son cahier préparatif à un travail artistique. J'ai été très émue de cette demande, d'autant que le sujet est vertinigeux. Je me suis exécutée quelques jours après, en ne travaillant pas du tout le texte écrit d'un seul jet. Cela faisait partie de la chose.

 

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Pour finir, nous avons cru comprendre que notre maison les charmait, ce qui m'a confortée dans l'idée que les rencontres ne sont peut-être pas si hasardeuses que cela...