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Ce que j'ai toujours aimé dans le travail de Pina Delvaux, c'est cette idée qu'il y a une place en harmonie avec les autres pour les objets orphelins, abandonnés. Pina Delvaux est leur madone. Elle les sauve et comme des papillons rares et des scarabées chatoyants, elle les place dans des boîtes.

Et puis, aussi, c'est qu'elle raconte des histoires. Et cela va très loin, jusqu'au titre qu'elle choisit, aussi minutieusement qu'elle assemble les petits objets, les petits bouts, les petits restes d'autres vies que la sienne.

Lydia Slood's last slipper a été à moi tout de suite, lorsque je suis allée in extremis visiter l'exposition Sur la pointe des pieds. Elle me raconte l'histoire un peu triste mais aussi douce de Lydia Slood. Une histoire d'amour raté, une maladie où l'on se meurt de ne pas être entendu, une lettre qu'on aurait préféré ne jamais recevoir, des pantoufles laissées précautionneusement au bas d'un lit juste avant la fin.

Et pour consoler son époux à qui j'ai ravi en l'acquérant la boîte qu'il préférait, j'ai envoyé à Pina une des pantoufles de Lydia Slood. Miracle, elle ne fait que 3 cm.

dernière pantoufle

Et puis comme je voulais moi-aussi continuer l'histoire, j'ai fabriqué une petite mule à Lydia.

mule d'avril

Elle y aura glissé un pied dedans un matin de printemps alors que les iris se sont tout juste ouverts et que le lilas embaume.